En 2025, les États-Unis détiennent encore le plus grand nombre d’ordinateurs quantiques opérationnels, malgré la montée rapide de la Chine, qui a doublé ses installations en trois ans. L’Union européenne, fragmentée par des politiques nationales divergentes, peine à rivaliser en volume, mais compense par des plateformes de recherche collaboratives.
Le Japon et le Canada, bien que moins présents sur le plan quantitatif, se démarquent par des architectures hybrides et des alliances industrielles inédites. L’écart technologique ne se réduit pas uniquement à la puissance de calcul, mais aussi à la capacité d’intégrer ces machines dans des applications concrètes.
Où en est l’informatique quantique dans le monde en 2025 ?
L’informatique quantique affiche aujourd’hui un tout autre visage qu’il y a cinq ans. Les machines autrefois réservées à quelques laboratoires confidentiels entrent désormais dans l’arsenal de la recherche appliquée, voire de l’industrie. Les mastodontes américains que sont IBM, Google, Microsoft ou Intel enchaînent les annonces sur des machines qui dépassent sereinement la barre symbolique des cent qubits fiables. Le processeur quantique Sycamore de Google et son cousin Willow cristallisent les discussions sur la réalité de la puissance annoncée.
De son côté, la Chine accélère à marche forcée, mobilisant universités et entreprises publiques pour réduire l’écart. Les équipes de l’université des sciences et technologies de Chine signent régulièrement de nouveaux records de vitesse de calcul quantique. La diffusion des technologies quantiques s’accélère : puces avancées, innovations majeures en correction d’erreurs, secteur où Microsoft tire son épingle du jeu avec ses qubits topologiques autour du projet Majorana.
Mais le secteur privé n’est pas le seul moteur. La recherche universitaire garde un rôle structurant. En Europe, les financements publics favorisent l’émergence de plateformes ouvertes, mélangeant physique fondamentale et ingénierie logicielle. Côté entreprises, l’objectif est clair : intégrer le calcul quantique dans la chaîne de valeur, de la simulation de matériaux à l’optimisation logistique.
Voici trois axes structurants qui dessinent ce nouveau paysage :
- Qubits ordinateur quantique : la montée en puissance des machines ouvre des perspectives inédites en optimisation, cryptographie et science des matériaux.
- Correction des erreurs : la fiabilité du calcul reste un moteur central de la compétition technique.
- Premier processeur quantique : jalon symbolique franchi, mais la perspective d’un ordinateur quantique universel reste un horizon lointain.
En 2025, la scène de l’informatique quantique reflète la diversité des acteurs, la densité des collaborations et une dynamique mondiale en pleine accélération.
Supercalculateurs et ordinateurs quantiques : quelles différences et complémentarités ?
Les supercalculateurs plus puissants ont longtemps incarné l’apogée du calcul scientifique. Des millions de processeurs classiques alignés, chacun manipulant des bits binaires. Leur force ? Résoudre des équations complexes, simuler le climat ou traiter d’énormes volumes de données grâce à la parallélisation, l’optimisation de la mémoire et une robustesse logicielle éprouvée. Un arsenal performant, mais extrêmement énergivore.
Les ordinateurs quantiques rebattent les cartes. Le calcul quantique utilise la superposition et l’intrication des qubits, capables de représenter plusieurs états à la fois. Cette approche ouvre la porte à des performances sans commune mesure pour certaines classes de problèmes : factorisation, optimisation, simulation moléculaire. Des domaines où le modèle classique montre ses limites.
La complémentarité s’impose peu à peu : les ordinateurs classiques restent incontournables pour la majorité des usages, mais les technologies quantiques s’attaquent à des goulets d’étranglement computationnels. Dans de nombreux laboratoires, des équipes mixtes associent supercalculateurs et prototypes quantiques, orchestrant une répartition des tâches inédite entre information quantique et algorithmes traditionnels.
Pour mieux cerner ces différences et synergies, voici les notions clés à retenir :
- Bit classique : la brique binaire, base de toute l’informatique conventionnelle.
- Qubit : unité d’information quantique aux propriétés singulières, cœur de la révolution en cours.
- Calcul hybride : stratégie combinatoire qui marie les atouts des deux mondes pour accélérer la recherche.
La frontière se brouille. Les avancées en recherche en informatique quantique nourrissent une convergence : chaque technologie trouve son terrain de jeu dans l’écosystème du calcul intensif.
Classement 2025 : quels pays possèdent le plus d’ordinateurs quantiques ?
Le classement actuel 2025 des puissances quantiques révèle une compétition d’une rare intensité. La Chine prend la tête, portée par des investissements colossaux, pilotés par l’université des sciences et technologies et des géants comme Tencent. Pékin multiplie les programmes publics, tissant un réseau serré entre instituts, laboratoires et fleurons industriels.
Les États-Unis, loin de décrocher, maintiennent une dynamique exceptionnelle. IBM, Google, Microsoft, Intel, Amazon : tous déploient des centres de recherche et des plateformes ouvertes à la communauté scientifique. Leurs machines rivalisent à la fois en nombre de qubits et en innovations sur la correction d’erreurs, avec des noms comme Sycamore ou les avancées d’IBM. Même la NASA s’associe au mouvement, misant sur l’optimisation et la simulation à grande échelle.
L’Europe, et la France en particulier, ne restent pas à la traîne. Le CEA, le CNRS, plusieurs universités parisiennes font émerger de nouveaux prototypes, avec le soutien actif de la Commission européenne. Des budgets conséquents sont engagés pour structurer la filière, attirer des profils rares et bâtir un écosystème solide.
Voici comment se répartit la hiérarchie mondiale :
- Chine : leadership incontestable, bâti sur des politiques publiques ambitieuses et de vastes consortiums industriels.
- États-Unis : écosystème dynamique, propulsé par les géants de la tech et la recherche fédérale.
- Europe (France, Allemagne, Pays-Bas) : progression soutenue, grâce à l’alliance des laboratoires, startups et financements publics.
Ce que ces avancées technologiques changent pour la recherche et l’industrie
L’informatique quantique commence déjà à transformer la recherche fondamentale et les ambitions industrielles. Les laboratoires profitent de la puissance des ordinateurs quantiques pour s’attaquer à des questions qui échappaient jusque-là aux supercalculateurs classiques : simulation de matériaux inédits, modélisation de molécules complexes, optimisation logistique hors normes. Les qubits, au centre de cette mutation, ouvrent un nouveau mode de calcul, fondé sur la superposition et l’intrication.
Côté entreprises, l’intérêt ne faiblit pas, bien au contraire. Industrie pharmaceutique, finance, logistique : chaque secteur examine de près ce que le calcul quantique pourrait changer. Anticiper les propriétés de molécules, optimiser un portefeuille, repenser l’approvisionnement mondial… Les promesses sont multiples. Des géants comme IBM, Google, Microsoft accélèrent la mise à disposition de prototypes via le cloud, déclenchant une vague d’expérimentation collective.
Un autre enjeu se profile : la cryptographie post-quantique. L’algorithme de Shor, encore théorique mais redouté, menace les systèmes de chiffrement traditionnels (RSA, ECC). Entreprises et institutions financières investissent désormais dans des solutions de chiffrement post-quantique, adaptant certificats X. 509, protocoles TLS et outils comme OpenSSL ou Chrome. Le spectre du “Q-Day”, ce point de bascule où l’ordinateur quantique brisera les protections actuelles, mobilise l’attention bien au-delà du cercle des spécialistes.
Le compte à rebours a commencé : la course au quantique ne se limite plus aux laboratoires, elle façonne déjà les stratégies des entreprises et l’équilibre mondial de la recherche. Qui saura transformer l’essai et imposer sa vision dans cette nouvelle ère ?


